« Chaque image est pour moi une histoire. Les villes ont chacune leurs rêves, leurs rythmes, leur pulsation propre où la vie résonne : en superposant les images à la prise de vue, je joue de ma projection personnelle de la cité que je photographie. Entre chaque clic, je laisse l’instant passer, le mouvement bousculer les idées et la rigidité des formes. Cette technique permet à la photo de s’inscrire dans la durée. J’ai la sensation alors de faire des portraits : la ville prend chair, s’anime, la photo retrace ses humeurs et ses vibrations.

J’ai demandé à Marie-Florence Gros, de se promener dans ces villes, telles que je me les suis réappropriées. L’expérience me plaisait : elle regarde le monde à travers mes yeux et lui donne à son tour une nouvelle dimension. Inspirée par le lieu d’exposition qu’est la Gare, elle a écrit le récit d’un voyage intérieur, de Paris à New York, de soi à l’autre. Un parallèle entre voyage réel et cheminement intérieur, entre utopie et idéal amoureux, entre monde en mutations et bouleversements intimes. Son héros, parti pour un rendez-vous à la Gare, décide en chemin de rompre et d’entamer une nouvelle vie… »